Cannabis, Marijuana et plus! Blog
Le dernier mot du prévenu: Légalisez le cannabis!

Peut-être aurait-il du utiliser un véhicule plus discret?
Publié ce vendredi sur l’independant.fr:
Le 13 juin, à Villemoustaussou, un jeune était contrôlé avec de « l’herbe » dans sa voiture. Il a réclamé, hier, au tribunal, la « légalisation du cannabis« .
Curieuse défense que celle de ce jeune homme d’une trentaine d’années, cité à comparaître, hier matin, devant le tribunal correctionnel de Carcassonne, pour conduite sous l’emprise de cannabis et usage de produits stupéfiants. Tandis qu’il avait été contrôlé, le 13 juin dernier à Villemoustaussou, avec quatorze pieds de « beuh » dans sa voiture, et qu’il présentait des troubles liés à la consommation de drogue, l’intéressé a réclamé ni plus ni moins la « légalisation du cannabis. » Il est vrai qu’il était lui-même son propre avocat, et n’avait jusqu’ici jamais connu l’enceinte d’un palais de justice. Et donc les attentes des magistrats.
« Je suis un honnête citoyen »
« La loi prévoit que le dernier mot revienne au prévenu. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? », demandait la présidente du tribunal, Mme Martin de la Moutte. Réponse : « Je ne me considère pas comme un criminel, et pourtant j’ai été placé en garde à vue. Je ne fume que le soir. Or, j’ai été arrêté à 11 h du matin. Je suis un honnête citoyen père de famille, je n’ennuie personne. Je demande la légalisation du cannabis ». Sauf que nous ne sommes pas encore au Pays-Bas, et qu’en France, le simple usage de produits stupéfiants est puni par la loi. Le sang du substitut du procureur, M. Piquet, n’a alors fait qu’un tour. « Monsieur est peut-être un bon père de famille, mais il est un danger public, à conduire sous l’empire de cannabis. » Le magistrat représentant le ministère public demandait la peine de 1 500 euros d’amende, ainsi que huit mois de suspension du permis de conduire. Une sanction qui a été en partie confirmée par le tribunal. En partie seulement, car le montant de l’amende a été ramené à 1 000 euros.
Par Rémi Lebrère
Le pays des droit de l’homme?
Il est surprenant de voir comment la mentalité Française a beau changé, son système législatif reste ancré dans des préceptes archaïques. Une récente étude sur l’effet du cannabis au volant faite aux États -Unis confirme en effet les quelques données scientifiques jusqu’alors disponible. Le cannabis réduit le temps de réaction autant que l’alcool mais, de même que l’avait démontré la recherche de l’université de Maastricht de 1994, les facultés motrice ne sont pas diminuées suffisamment pour être considéré dangereuse.
La surprise qu’ils ont eu, aussi, lors de cette étude en situation réel (donc présence de trafic autour…) est le fait que les conducteurs était conscient de leur état et, à l’opposé de l’ivresse alcoolique, réduisaient en conséquence leur vitesse sans qu’ils l’eurent été demandés.
Tout consommateur de cannabis ayant conduit sous son effet on pu se rendre compte par eux-mêmes une certaine torpeur quant à utiliser l’accélérateur comme a leur habitude! (« conduire comme une vielle » tel que certains disent)
Bien que le danger existe, le problème reste que le prévenu avait fait usage de cannabis la veille. A quand donc des contrôles pour les conducteurs victimes de « gueules de bois »?
Ou sont passés l’Égalité et la Liberté?
Le procureur, qui est donc sensé représenter la justice du pays, semble être aussi un danger public a vouloir condamner les simples fumeurs. Simple est d’ailleurs un euphémisme puisque même des récidivistes connus, non seulement de service de police mais aussi des médias a travers le monde pour être une riche héritière mainte fois arrêté/vue fumant des joints (je préfère me garder de citer son nom), et appréhendé en possession de cannabis sur le sol Français soit exempte de poursuite.
Bien sur il s’agit de différentes quantités, mais que dis la loi? « Un simple usage de stupéfiants ».
Donc un usage excentrique par des personnalités célèbres est toléré? Par contre le père de famille qui au lieu d’un verre de whisky avant de frapper sa femme, le soir, préfère simplement fumer un joint et faire du jardinage, c’est pas possible?
La France ne pourra jamais suivre les Pays-Bas!
C’est en effet un problème majeur qui s’y oppose. La Hollande, ayant décriminalisé la consommation de cannabis, applique en plus une politique de tolérance vis-à-vis du commerce unique au monde. Tolérance, un mot qui ne s’applique qu’a une minorité en France, un pays ou même le président arrive a graduer la tolérance pour ne pas parler d’intolérance devant des médias qu’il chéri tant.
Lorsque la Hollande a voulu proposé une loi au parlement pour voter la légalisation du cannabis, la communauté international a fait le nécessaire pour éviter un coup qui s’ avèrerait fatale à leurs recommandations. Car en effet, il n’existe aucune sanction pour aller a l’encontre d’une décision de l’ONU.
De même que les États-Unis l’ont fait pour attaquer l’Iraq, mais s’il s’agit de changer la politique sur les drogues alors que les dépenses des pays en la matiere pour supporter l’UNODC (Organisation des Nation Unies contre le Crime et les Drogues, ndlr) se compte en centaines de millions de dollars. En effet 67% de ces 504 millions sont destiné a la guerre contre les drogues.
La voix de la rue
De voir un simple citoyen, se présenter tout seul face a la machine judiciaire avec un argument aussi simple, et pourtant criant de vérité, montre simplement les maux d’une société qui a souhaité tourné le dos au substances qui ont toujours été a ses côtés. Une société ou les drogues sont aussi courante traduit un sentiment de mal être général que l’élite de ce monde ne peut ignorer. La course au profit, quel qu’en soit le prix (déjà paradoxal) non seulement détruit la planète mais aussi la raison d’être de nos sociétés modernes.
On nous parle de liberté a tous azimut et pourtant la plus simple d’entre elle, faire pousser une plante pour en récolter une substance bien moins dangereuse que celles vendues librement dans les bureaux de tabac et les caves est puni par la loi.
Pourquoi ne pas le poursuivre pour prosélytisme d’ailleurs, messieurs les magistrats?
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Conduite sous cannabis: la loi a-t-elle des lacunes?

Suisse- La découverte dans le sang de la substance interdite ne suffit plus pour sanctionner un conducteur. Un motard a plaidé avec succès qu’il ignorait être hors la loi deux jours après avoir fumé un joint. Tout se complique.
A moins d’être pris en flagrant délit de fumette, les conducteurs amateurs de la cigarette qui fait rire vont devenir plus difficiles à confondre si l’on se réfère à un arrêt récent du Tribunal fédéral.
Il n’y avait pas d’odeur suspecte dans l’habitacle, et pour cause: l’intéressé était un motard. L’infortuné pilote de deux-roues, heurté par une voiture, gravement blessé, a pourtant été reconnu coupable par la justice vaudoise d’incapacité de conduite et d’infraction à la loi sur les stupéfiants. Son sang contenait 2,3 microgrammes par litre de tétrahydrocannabinol (THC), substance active du cannabis. Jusque-là rien d’illogique. Or, il vient d’obtenir gain de cause devant le Tribunal fédéral.
Les juges vaudois avaient considéré que le principe légal de tolérance zéro n’a besoin d’aucune autre preuve que la découverte dans le sang de la substance interdite, dès lors que le seuil de détection fixé à 1,5 microgramme est franchi. La réalité est loin d’être aussi simple.
Le motard n’a pas contesté le taux de THC mesuré dans son sang. Il a simplement affirmé ignorer qu’une telle concentration pouvait être préjudiciable deux jours après avoir fumé un joint. A noter que la présence de cette substance dans le sang reste décelable pendant deux jours au moins. Son avocat, Me Philippe Nordmann, précise: «Sa consommation de cannabis datait du dimanche. L’accident est survenu le mardi. Dans l’intervalle, ce jeune homme a constaté qu’il travaillait comme d’habitude dans son métier d’opticien, qui nécessite une précision et une concentration élevées. Il avait donc une bonne raison de se considérer apte à la conduite, et de ne même pas s’interroger sur ce point.»
A la différence de la justice vaudoise, selon laquelle l’intéressé ne pouvait ignorer la situation dans laquelle il se trouvait, le Tribunal fédéral rappelle en substance que c’est à l’accusation qu’incombe le fardeau de la preuve.
Plus précisément, en matière d’incapacité de conduite, cette infraction exige toujours l’intention, la conscience ou la négligence. Concrètement, il faut démontrer que l’auteur a conscience de son état d’incapacité. Et la Haute Cour d’asséner que le jugement vaudois «ne fait aucune référence aux circonstances qui permettraient d’établir que le recourant se savait en incapacité de conduire lorsqu’il a pris le guidon de son motocycle».
La science dans le flou
Reste à savoir dans quelle mesure 2,3 microgrammes de THC par litre de sang peuvent engendrer une incapacité de conduire. D’une manière générale, le Tribunal fédéral admet «qu’en l’état des connaissances médicales, il n’existe pas de données scientifiques permettant de corréler de manière fiable la quantité consommée d’un stupéfiant, le cannabis en particulier, respectivement la quantité de substance se trouvant dans le corps, à une incapacité de conduire».Me Nordmann: «Autrement dit, il peut y avoir incapacité avec une quantité minime de THC ou au contraire pleine capacité avec un taux dépassant la limite de 1,5 microgramme.»
Il demeure, selon une étude nationale dont les résultats ont été publiés le printemps dernier, que le cannabis est en tête des substances illégales décelées chez les conducteurs.
Article de Georges-Marie Bécherraz publié le 17 Juillet 2010
Il est important de préciser que l’on estime que la demi-vie d’élimination du THC est d’environ 4 jours, ce qui signifie que, après 96 heures, notre corps a éliminé la moitié de la quantité consommée et qu’il faut ensuite encore 4 jours pour éliminer la moitié de la moitié et ainsi de suite. Cela rend le dépistage peu précis en ce qui concerne les usagers sur la route.
En comparaison, l’élimination d’alcool dans le sang, bien qu’elle varie d’une personne à l’autre, peut varier entre 0,10 et 0,25 g / L / heure (10 et 25 mg / 100 mL / heure). Il est donc bien plus facile de dépister un conducteur qui viens de boire de l’alcool plutôt que celui qui aurai fumé un joint.
Source: 24heures.ch
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Bernard Rappaz cesse sa grève de la faim
Le chanvrier a décidé de se réalimenter
La mesure est provisoire dans l’attente du jugement du Tribunal fédéral (TF). Sa décision sur l’interruption de peine est attendue pour le 26 août au plus tard. Le changement de régime vaut jusqu’à cette date, communique mercredi l’État du Valais. Il s’apparente à des arrêts domiciliaires mais avec des conditions plus strictes.
Surveillance rapprochée
Le chanvrier sera surveillé 24 heures sur 24, précise le communiqué. Il aura droit à une promenade quotidienne d’une heure. Les visites sont limitées à ses seuls proches et durant un maximum de 90 minutes.
Le TF avait ordonné le 15 juillet au département de la sécurité dirigé par Esther Waeber-Kalbermatten de prendre les mesures « nécessaires à la sauvegarde de la vie et de l’intégrité corporelle du recourant ». Les mesures prises jusqu’à présent ne suffisent plus.
Les médecins de l’hôpital de l’Île à Berne où est actuellement incarcéré Bernard Rappaz s’opposent en principe à une alimentation forcée, précise le communiqué. La phase précédant le coma comporte certains risques raison pour laquelle les conditions de détention du chanvrier ont été réaménagées.
Le chanvrier retrouvera son domicile dès que son état de santé le permettra selon l’avis des médecins. Bernard Rappaz a accepté toutes les conditions posées et a cessé sa grève de la faim.
Source: www.24heures.ch
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Lux: Un tribunal juge le Cannabis comme un drogue douce
Des juges de Diekirch ont reconnu comme circonstance atténuante le fait de se livrer à un trafic de drogues douces par opposition aux drogues dures. Une grande première. Cela ne va pas ouvrir la voie à une dépénalisation mais les juges de Diekirch ont franchi un pas important en élevant au rang de circonstance atténuante l’usage et le trafic de drogue douce, en l’occurrence, de la marijuana.
Le jugement rendu le 1er juillet dernier par le tribunal correctionnel de Diekirch marque une nouveauté dans l’appréciation des affaires relatives au trafic et à la consommation de marijuana. En effet, les magistrats ont reconnu comme circonstance atténuante le fait que les prévenus n’avaient fait que vendre et consommer de l’herbe, «un stupéfiant bénéficiant de dispositions légales moins sévères au niveau de l’article 7b de la loi modifiée du 19 février 1973», écrit dans son jugement la chambre correctionnelle présidée par Michel Reiffers.
Les juges ont souvent appliqué des peines moins sévères selon la nature du stupéfiant, punissant plus durement les dealers d’héroïne et de cocaïne, par exemple. Les juges apprécient les circonstances atténuantes qui leur permettent d’abaisser le taux de la peine légalement encourue. Les aveux complets et circonstanciés du prévenu, son casier judiciaire vierge ou encore son jeune âge peuvent en faire partie.
Mais pour les avocats habitués à défendre des dossiers liés à l’usage et la vente de produits stupéfiants, cette décision est tout simplement énorme. Il n’est pas rare de les entendre râler dans la salle des pas perdus après un réquisitoire du parquet qui entend envoyer leur client à l’ombre pour quelques années. Ils sont d’autant plus abattus que les législations belge ou néerlandaise ont dépénalisé le cannabis. Au Grand-Duché, il n’a jamais été question de suivre cet exemple, les parlementaires admettant toutefois que les peines pouvaient être adaptées en fonction du produit stupéfiant dont il est question.Chez nos voisins de Belgique et des Pays-Bas, la possession de cannabis pour consommation personnelle ou dans une quantité telle que l’on peut supposer qu’elle n’est pas destinée à la vente n’est plus poursuivie, sauf en cas de consommation problématique et de nuisance sociale. Mais les parlementaires n’avaient pas suivi les considérations de la députée verte Renée Wagener, qui avait déposé une proposition de loi visant à réglementer la production, la distribution et la vente du cannabis.
La commission parlementaire, dans sa majorité, était d’avis que la dépénalisation totale ou même partielle de l’usage de stupéfiants mènerait à une banalisation des drogues en tant que telles. Cette banalisation pourrait inciter davantage de jeunes à une première consommation des substances initialement défendues et favoriser par ce biais l’entrée en contact avec ces dernières.
Or, la répression n’a affaibli ni la consommation, ni le trafic de drogue. Chaque semaine, un nouveau réseau vient peupler le banc des prévenus dans les juridictions de Luxembourg et de Diekirch. Et on s’aperçoit de l’importance de cette économie parallèle à chaque affaire jugée, surtout en ce qui concerne le trafic de cannabis et de ses dérivés.
Politique libérale contre politique répressive
«Il ne faut pas oublier non plus que la politique libérale en matière de drogues peut avoir un autre effet néfaste : attirer des toxicomanes de pays étrangers qui veulent profiter d’un cadre à première vue plus souple et d’un environnement général plus favorable aux toxicomanes. Un autre argument de taille est la nature même du cannabis. Il ne faut surtout pas sous-estimer les effets et dangers du cannabis. Les effets de la consommation de cannabis sont variables et passent de l’euphorie légère, accompagnée d’un sentiment d’apaisement et d’une envie spontanée, à des difficultés de concentration, à des perturbations de la perception du temps, de la perception visuelle et de la mémoire immédiate. Ces effets peuvent notamment présenter un danger pour les conducteurs», écrivaient les membres de la commission «stupéfiants» quand il s’est agi de modifier la loi en 2001.
Le jugement prononcé au début du mois à Diekirch n’ouvre pas la voie à une dépénalisation. Mais s’il fait office de jurisprudence (le parquet dispose de 40 jours pour interjeter appel), il marquera une nette différence entre les drogues dites dures et les drogues douces. Dans ce cas précis, la défense, représentée par Me Marc Lentz et Gilbert Reuter, peut être satisfaite du résultat obtenu.
De notre journaliste Geneviève Montaigu
Sources: Le Quotidien
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Cannabis taxé: 1.2Milliards par an seulement en Californie
Voici un signe certain que les dispensaires de marijuana sont en voie de devenir les grandes entreprises:

Un des dispensaires de la ville d'Oakland, Californie,qui est désormais aussi connue sous le nom d'Oaksterdam
Le 13 Juillet le conseil municipal de Berkeley, en Californie, a demandé aux électeurs d’approuver une taxe de 2,5% sur les points de vente de la marijuana de la ville, dont trois seulement ont rapporté au total 19 millions de dollars l’an dernier, tout cela en espèces. « C’est énorme », a déclaré le maire Tom Bates. La taxe ne servira pas seulement aider à combler un écart de 16,2 millions $ du budget, mais il s’assure également que si la vente d’herbe deviens un marché de masse, les avantages irons auprès les collectivités locales, pas en dehors vers des intérêts commerciaux, « Nous ne voulons pas avoir Philip Morris en arrivant ici, recueillir tout l’argent. » affirme le M. Bates.
Les impôts sur la vente de cannabis est une tendance croissante à travers l’état, et de nombreuses villes au budget restreint observe de près l’acceptation du public de la consommation de marijuana. Denver a généré 1,2 millions de dollars depuis Décembre, lorsque la ville a commencé à recueillir les taxes de vente de ses 256 dispensaires. Le Juin 15, Washington, DC, a approuvé une taxe de 6 pour cent sur ce qui sera finalement cinq dispensaires.
Dix-huit États ont maintenant des lois permettant l’utilisation de marijuana à des fins médicales. Nulle part l’opportunité de revenus est aussi importante qu’en Californie. le cannabis thérapeutique a été à l’origine destinées à soulager la douleur du cancer et les malades du sida des nausées qu’ils subissent, la Californie permet désormais l’aprobation pour, l’insomnie, les pertes d’appétit, ou toute condition d’un médecin agréé estime que le cannabis facilitera le traitement. Le Conseil d’harmonisation du budget, qui supervise la perception des impôts dans l’État, estimait en Octobre que la consommation de marijuana pleinement légalisés pourrait générer 1,4 milliard de dollars par année en impôts locaux et régionaux. Dans la nuit même après que les fonctionnaires aient agis à Berkeley, Conseil municipal de Sacramento a adopté une mesure similaire, et la ville de Long Beach a adopté la sienne depuis le 6 Juillet.
De plus en plus de communes de Golden-County, en l’Etat de Californie, peuvent suivre si les électeurs californiens approuvent une initiative de vote en Novembre qui rendrait légal la possession d’une once (28g) ou moins de « weed » pour usage récréatif. Cette mesure, connue sous le nom Proposition 19, permet aux villes de réglementer et d’imposer les utilisations récréatives du chanvre. Des sondages récents révèlent que les électeurs sont répartis également dans leur soutient a la proposition, même si la sénateur Dianne Feinstein (D-Calif.) a répondu, le 12 Juillet dernier, qu’elle s’opposerait à la mesure. Si l’initiative passe, les défenseurs de la marijuana et les chercheurs décrivent un scénario dans lequel les inondations du tourisme de la drogue dans l’Etat, résultant dans des salles de dégustation et de B&B (gîtes) spécialisés dans les comtés de la Californie du Nord de Mendocino et de Humboldt, où la plante est cultivée.
les défenseurs du cannabis sont en conflit. Ils veulent voir plus de respectabilité pour la drogue et en même temps ne veulent pas payer plus pour cela. «Nous sommes aux prises avec cela», explique Kris Hermes, directeur de campagne juridique Americans for Safe Access, une association à but non-lucratif basée à Oakland (Californie). «Nous savons que les gouvernements locaux sont à court d’argent et recherchent des moyens créatifs pour augmenter les recettes. » D’autres voient la fiscalité comme un signe de progrès. « Les citoyens paient des impôts, les criminels n’en payent pas», dit Steve DeAngelo, le Directeur exécutif du Centre de Santé Harborside, un dispensaire de marijuana à Oakland qui a fait campagne et obtenu une taxe sur le cannabis dans cette ville l’année dernière. « Nous devons nous mettre au pas et de payer notre juste part. »
En bout de ligne: les villes de plus en plus à court d’argent se tournent vers les dispensaires de marijuana de façon à augmenter les recettes fiscales et boucler le budget .
Palmeri est un correspondant principal à Bloomberg Businessweek de Los Angeles. Marois est un journaliste de Bloomberg Nouvelles à Sacramento.
Source: cannabisnews.org (en anglais)
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Le cannabis n’induit PAS le cancer du poumon!
Traduction d’un article publié dans le Washington Post en Mai 2006 suite au résultats d’une étude commanditée par le gouvernement lui-même.
Etant donné qu’en France les arguments de cancers chez les fumeurs de cannabis sont légion, il est utile d’avoir (pour une fois) un avis vraiment scientifique:
La plus grande étude en son genre a de façon inattendue a conclu que fumer de la marijuana, même régulièrement et fortement, ne conduise pas à un cancer du poumon.
Les nouveaux résultats « étaient contre nos attentes », a déclaré Donald Tashkin, de l’Université de Californie à Los Angeles, un pneumologue qui a étudié la marijuana pendant 30 ans.
«Nous avons émis l’hypothèse qu’il y aurait une association positive entre la consommation de marijuana et le cancer du poumon, et que l’association serait plus positive avec une utilisation plus fréquente, dit-il. «Nous avons découvert qu’il n’y avait pas d’association, et même une suggestion d’un effet de protection. »
Les responsables de l’application de la santé fédéral et des médicaments ont largement utilisé les travaux antérieurs de Tashkin sur la marijuana pour faire prouver que le médicament est dangereux. Tashkin a dit que tandis qu’il croit encore la marijuana est potentiellement dangereux, ses effets cancérigènes semblent être moins préoccupante qu’on ne le pensait.
Des travaux précédents ont établi que la marijuana contient des substances chimiques cancérigènes aussi potentiellement dommageables que celles du tabac, at-il dit. Toutefois, la marijuana contient également un produit chimique, le THC, qui dit-il peut stopper le vieillissement des cellules et les empêcher de devenir cancéreuses.
L’étude de Tashkin, financé par le National Institutes of Health’s National Institute on Drug Abuse, 1.200 personnes participent à Los Angeles qui avait un cancer du poumon, du cou ou la tête et un 1.040 personnes supplémentaires sans cancer appariés pour l’âge, le sexe et le voisinage.
Ils ont tous été interrogés sur leur utilisation de la marijuana, le tabac et l’alcool au cours de leur vie. Les fumeurs de marijuana les plus lourd avait allumé jusqu’à plus de 22.000 joints, tandis que l’utilisation moyennement lourde a été défini par une consommation de 11.000 à 22.000 cigarettes de marijuana. Tashkin a constaté que même les très gros fumeurs de marijuana ne montraient aucune augmentation de l’incidence des trois cancers étudiés.
« C’est la plus grande étude clinique jamais faite, et tout le monde a dû remplir un questionnaire très complet sur l’utilisation de la marijuana, at-il dit. « L’ambiguïté peut se glisser dans les recherches, mais nous avons contrôlé pour éviter le plus grand nombre de facteurs de confusion que nous avons pu, et je crois que ces résultats ont une signification réelle. »
Le groupe de Tashkin à l’école David Geffen de médecine de l’UCLA avait émis l’hypothèse que la marijuana augmenterait le risque de cancer sur la base des précédentes petites études sur l’homme, des études de laboratoire sur des animaux, et le fait que les utilisateurs de marijuana inhalent plus profondément et généralement retiennent la fumée dans leur poumons plus longtemps que les fumeurs de tabac – les exposant à des substances chimiques dangereuses pour un temps plus long. En outre, Tashkin dit, des études antérieures a constaté que le goudron de la marijuana a des concentrations de 50% plus élevé de produits chimiques liés au cancer que le goudron de tabac à cigarettes.
Même si aucune association entre la consommation de marijuana et le cancer a été trouvé, les résultats de l’étude, présentée à l’American Thoracic Society Conférence internationale cette semaine, a constaté une augmentation de 20 fois supérieur dans le cancer du poumon chez les personnes qui fumaient deux ou plusieurs paquets de cigarettes par jour.
L’étude a été limitée aux personnes de moins de 60ans parce que ceux âgés de plus que ne sont généralement pas exposés au cannabis dans leur jeunesse, quand il est le plus souvent essayé.
Le résultat de cette recherche est bien évidement a relativiser dans un mode de consommation Européenne.
En effet sur le vieux continent le cannabis est trop souvent associé au tabac ce qui fausse les données.L’action combiné des goudrons du cannabis et du tabac augmente en effet le risque de cancer, plus que lors de la consommation de ces substances séparément.
Risque par ailleurs totalement absent chez les utilisateurs de vaporisateurs car en l’absence de combustion, aucun goudron n’est inhalée.
En outre, il est important d’apprendre a faire la distinction entre information et désinformation. Cette étude alors commandité pour prouver le liens de causalité entre cannabis et cancer montre parfaitement le ridicule des gouvernement qui s’acharnent a vouloir prouver que le danger prévaut à l’utilisation.
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Cannabis: Le débat s’impose
Au mois de mars dernier, The Economist titrait « Comment faire cesser la guerre des drogues ». La revue britannique démontre – chiffres à la clé – que la légalisation d’un certain nombre de drogues serait « la moins mauvaise chose à faire » en terme de lutte contre le cannabis. Le raisonnement est le suivant : la prohibition nourrit la contrebande et le crime organisé, défavorise les pays les plus pauvres et – cerise sur le gâteau – s’avère réellement inefficace à réduire la consommation de cette drogue, dans pratiquement tous les pays de prohibition. Le débat en France reste pourtant vicié, sinon impossible. CQFD
« Ne fermons pas les yeux »
Ce titre est celui de la dernière campagne anti-drogues en France. C’est un beau slogan pour une telle campagne : car toute politique de prévention sur la drogue a pour objectif d’informer les citoyens sur les dangers de la drogue. Il s’agit donc d’éclairer les citoyens pour ne pas tomber dans certains pièges, et aussi pour faciliter l’accès aux services publics de l’aide aux toxicomanes et aux alcooliques.
Or, la prévention 2009 en France sur le cannabis (qui rentre maladroitement dans le panier des drogues dures) est un véritable ramassis de mensonges : l’un des spots intitulé « si les dealers vous disaient la vérité » commence avec un fond noir, une musique agressive, puis expose au téléspectateur un prototype de dealer diabolique d’une trentaine d’années, barbu, cheveux longs avec un phrasé particulièrement vulgaire. Il tient ensuite un discours à l’acheteur potentiel, c’est-à-dire le téléspectateur lui-même, en insistant sur « toutes les merdes » qu’il ajoute à son « shit ». Bien sûr, les symptômes sont annoncés : sueur froide, crise de paranoïa et finalement, hallucinations et défenestration. Symptômes que l’on observe… pas vraiment.Ce qui choque, c’est la déformation complète de la réalité : on sur-représente certains aspects, on occulte certains autres, comme un miroir déformant. Il n’y a pas, dans cette campagne, un seul chiffre, ni un seul fait. Alors que les campagnes sur l’alcool, ou – dans un autre domaine – sur les accidents de la circulation, peuvent ouvrir un débat serein sur les faits, parce qu’elles nourrissent leur prévention de faits, et s’appuient sur des expériences concrètes. Mais sur le cannabis, le gouvernement n’a pas une politique de vérité, mais une politique de contre-vérité par une désinformation, en modèle de miroir déformant : diaboliser pour mieux combattre.
Propos de scientifiques éminents à l’appui, voici ce que l’on peut dire… sans pour autant clore le débat médical.
Santé publique : un gouvernement irresponsable
En 2005, une série de reportages diffusés sur Arte décrit l’état actuel de la science concernant les drogues, par Jean-Pierre Lentin (Drogues et cerveau.) Un épisode édifiant - « Cannabis, un défi pour la science » - met en garde le téléspectateur, en sous-main, contre une politique dangereuse de diabolisation du cannabis. Philippe Batel, addictologue, Assistance Publique, Hôpitaux de Paris, explique :
« Si vous expliquez à un ado’, que s’il fume un pétard, il va devenir dépendant, il va se mettre de l’héroïne dans les veines, c’est archi faux. Si on établit une [telle] communication grand public pour les dissuader de fumer, non seulement on ne va pas le faire, mais on va probablement avoir un effet paradoxal. Il faut [donc], premièrement, le faire avec prudence, et deux, dans quelque chose qui prenne en compte le fait qu’il y ait 50% des adolescents qui en consomment, et qu’il n’y a pas 50% des adolescents qui sont en grande difficulté avec le cannabis. Ça, ce n’est pas vrai. Et si on veut nous le faire croire, ce sera très dangereux. Parce qu’on n’arrivera plus jamais en termes de politique publique, à envoyer des messages de prévention. Il ne faut jamais mentir à la cible, au sujet à qui l’on s’adresse, en exploitant des données scientifiques qui sont fausses. »
Or, c’est précisément ce que fait aujourd’hui le gouvernement. Il met toutes les drogues dans le même panier, déforme la réalité. Ce qui est une manière politiquement correcte de dire que le gouvernement ment.
A la lueur de ce que dit M. Batel, dans ce reportage, écoutons ce que disent certains experts sur le caractère addictif du cannabis et sur les effets du cannabis.
En terme d’addiction, les scientifiques semblent d’accord pour dire que la dépendance au cannabis reste exceptionnelle d’une part et touche uniquement des personnes fragiles, à risque, d’autre part ; et enfin que cette dépendance est purement psychologique. Dieter Kleiber, expert en santé publique en Allemagne, a réalisé des recherches dans le domaine : selon lui la dépendance reste somme toute assez « exceptionnelle », environ « 1 à 2% » des fumeurs. A titre d’information, une personne sur dix est dépendante de l’alcool, quand 90% de la population en consomme…
En terme d’effets, il faut noter qu’il n’existe pas de cas de surdose (overdose) avec le cannabis. Il ne semble pas qu’il y ait de « réelle gravité » des effets psychotropes et physiques de cette drogue, selon Jean-Pol Tassin, neuropharmacologue au Collège de France. Il ajoute : « Il peut y avoir des défenseurs du cannabis, comme il peut y avoir des attaquants du cannabis. Et pratiquement les deux côtés ont toujours un peu raison. »
Conclusion : cela ne signifie pas que le risque zéro existe. Cela signifie que l’abus du pétard est dangereux pour la santé, mais que le cannabis en soi n’a pas à être interdit aux personnes majeures.
Le tabou imbécile et la répression aveugle
Malgré les faits, il est impossible de débattre, parce que le cannabis est un tabou. Yann Bisiou, dans un article (un peu ancien, il faut le reconnaître, mais toujours d’actualité) de la Revue de science criminelle de 1991, p. 279, décrit les difficultés liées aux justifications de la prohibition de l’usage simple de stupéfiants.
En France – Ses écrits soulignent l’absence de tout débat, même au sein des assemblées et une difficultés à justifier la prohibition qui s’appuie, soit sur le silence, soit sur l’argument d’autorité, soit sur des mensonges et des présupposés moraux : « C’est au Sénat qu’est avancée une formule qui va faire florès en assimilant la toxicomanie à une maladie contagieuse créatrice d’un risque social. Cette affirmation repose sur le prosélytisme supposé des toxicomanes qui tenteraient ainsi d’accroître le nombre des adeptes de substances stupéfiantes.
Un dernier argument consistera à faire état du caractère criminogène de la toxicomanie, le coût de la drogue contraignant le drogué à se procurer par tous les moyens l’argent nécessaire à l’assouvissement de ce vice.
A la suite de ces exposés, le texte sera adopté sans discussion. » (même source)
Au niveau international – Une des justifications juridiques en faveur de la prohibition, c’est l’existence de traités internationaux qui stipulent que le cannabis doit être prohibé par les signataires du traité. Il existe de nombreux traités, dont la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, modifiée par la suite, entre autres traités sur les psychotropes. Les conventions classent le cannabis parmi les « substances ayant un potentiel d’abus fort et effets nocifs importants sans valeur thérapeutique notable ». Pour contrôler le respect de ces textes, il existe un organisme (l’organe international de contrôle des stupéfiants). Cet organe réagissait au phénomène de légalisation, avec des accents de conformisme social, sans fondement scientifique bien sûr :
« Une telle approche [la légalisation] est susceptible d’égarer les esprits. Les toxicomanes potentiels y verraient sans aucun doute une approbation de l’abus des drogues ce qui pourrait conduire à des débordements, avec des décès par « surdose », une escalade des dépenses de santé et la destruction de la famille ainsi que des valeurs fondamentales qui inspirent les comportements des individus dans la société. […] Tout relâchement de la lutte contre la drogue constitue non seulement une inexécution conventionnelle, [c’est-à-dire une violation de la Convention unique adoptée dans le cadre de l’ONU], mais est aussi indéfendable sur le plan moral et équivaudrait à livrer la communauté internationale aux cartels de la drogue. » (C’est moi qui souligne). Cherchez l’argument scientifique…
On peut se poser la question – pourtant – de la légitimité de ce classement, d’une part parce que les critères de classement sont douteux, d’autre part parce que le cannabis – nous l’avons vu – n’a pas d’effets nocifs importants en premier lieu, et en second lieu parce qu’il a une valeur thérapeutique notable (et cela est certain). Il faut noter que ce classement du cannabis remonte aux années 30.
Conclusion – A l’heure actuelle, la réponse du Président de la République à la dépénalisation et à la légalisation est la suivante : « la liberté, ce n’est pas la drogue ». Par cette formule à l’emporte-pièce, le Président place toutes les drogues dans le même panier : le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, etc. auxquelles on pourrait décemment ajouter l’alcool et le tabac, puisque les amalgames sont tolérés au plus haut niveau de l’Etat.
L’important est pourtant de savoir faire des distinctions claires entre les drogues, selon qu’elles sont réellement nocives pour la santé d’une part, selon qu’elles ont un caractère addictif important d’autre part, en établissant des échelles et des critères précis établis sur des expériences scientifiques et médicales accessibles, vérifiables et vérifiées. Si une politique de santé publique des drogues passe par d’autres critères que les sciences et la médecine, elle perd toute crédibilité et réduit son champ d’action pratique dans la lutte contre les stupéfiants.
Légaliser pour mieux réglementer
Une répression aveugle et inefficace – Le dossier de The Economist précédemment cité le souligne : nous savons que la politique de répression est un échec total. La France est le premier consommateur de cannabis. En 2003 (ce sont les chiffres du ministère de l’intérieur, sur son site internet), la France a connu une augmentation de 12% des interpellations, amenant le chiffre à 82.000 interpellations environ. Par ailleurs, les chiffres plus récents nous sont cachés : le ministère a mis à jour sa fiche détaillée sur la lutte anti-cannabis le 1er octobre de cette année, avec des chiffres datant de la législature précédente. Cela signifie que le Ministère de l’Intérieur ne souhaite pas indiquer sur la première page de son site Internet, des données qui prouvent l’étendue de la répression et surtout de la consommation.
Les dangers de cet aveuglement – La consommation massive de cannabis est donc une réalité sur laquelle l’Etat n’a aucun contrôle. Aucun contrôle sur les chiffres – puisque nous disposons des chiffres sur la répression, mais pas sur la consommation réelle, en dehors d’estimations plutôt floues ; aucun contrôle sur la qualité des produits vendus vendus hors-la-loi ; aucun contrôle sur la teneur en THC (le produit actif du cannabis) des produits vendus (nous savons qu’elle augmente, mais on ne peut pas la réglementer), aucun contrôle sur l’âge des consommateurs, aucun contrôle sur rien du tout.
Le gouvernement est ici responsable de son irresponsabilité. Enfin, la législation condamne le cannabis parce qu’il porte atteinte à l’ordre public ; or, en conservant un système de répression, il laisse le champ libre au commerce mafieux, aux organisations criminelles voire terroristes, qui prennent de facto le contrôle de ces marchés illégaux. Par conséquent, le législateur – en souhaitant garantir l’ordre public – porte atteinte paradoxalement à cet ordre public, en finançant indirectement le crime organisé.
Le terme d’aveuglement est pesé et sous-pesé, au gramme près. Parce que la répression ne permet pas de savoir, pas plus qu’elle ne permet de voir : elle est faite d’œillères qui privent même les hommes politiques des données qui permettraient d’agir à la lumière des faits.
Réglementer – Réglementer l’usage et la vente du cannabis permettrait de faire face à des problèmes plus urgents que l’usage du cannabis : contrôler les produits et contrôler les détaillants. Il s’agit de mettre fin à la vente de produits frelatés et éventuellement dangereux ; il s’agit de mettre fin à l’économie parallèle qui finance des organisations criminelles.
Enfin, cela permettrait aussi de lever des impôts sur ce commerce, qui pourrait aller à la recherche médicale (le cannabis ayant une valeur thérapeutique notoire), à la sécurité sociale, au budget de l’État (par la T.V.A), ce qui n’est pas négligeable, compte tenu des déficits chroniques de notre pays, et de surtaxer le cannabis (comme on surtaxe le tabac). Par ailleurs, à cette argument de l’opportunité budgétaire correspond une question sur l’État actuel des dépenses de police : a-t-on seulement mesuré ce que cela coûte à la police de poursuivre des centaines de milliers de jeunes ? Beaucoup, sans doute, au moins en termes de temps passé à courir après les petits fumeurs d’herbes, dans un jeu ridicule de cache-cache entre les forces de l’ordre d’une part, et d’autre part les petits consommateurs de cannabis, bien loin de représenter un danger pour l’ordre public ! Cela coute aussi sans doute beaucoup aux forces de police, en terme de crédibilité et de bienveillance de la part des jeunes fumeurs. A cet argument budgétaire correspond un argument économique : la légalisation aurait des conséquences positives sur l’emploi, sur les secteurs agricoles et sur les secteurs commerciaux.
Il y a donc plusieurs arguments : des arguments de santé publique, des arguments d’ordre public, des arguments budgétaires et économiques. Tous ces arguments sont valables, ils sont audibles, et n’ont pas à être placés dans la catégorie du bavardage inutile, au motif que l’on préfère faire l’autruche et se retrancher avec paternalisme dans les arguments moraux, cachés derrière l’ordre public prétendument menacé.
La légalisation en Europe et dans le monde – D’autant plus que des exemples fleurissent partout en Europe et dans le monde qui témoignent du bien-fondé de ce genre de réforme du système et de son succès. En Europe, les Pays-Bas ont choisi une politique de tolérance du cannabis depuis une trentaine d’années , dans sa production, dans sa distribution ; et les prétendues « reculades » des gouvernements ne sont pas des conséquences de l’échec de ces politiques, mais de pressions de l’Union européenne, des organisations internationales et des États-Unis. Dans le reste de l’Europe, la voie consiste en général à dépénaliser (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, etc.) Même en France, l’hypocrisie étant un sport national, le juge au pénal applique rarement de lourdes peines pour les petits usagers, et la police se contente parfois de saisir les petites quantités de drogues sans faire passer l’affaire devant les tribunaux déjà bondés.
Aux États-Unis même, aujourd’hui, c’est la Californie qui a lancé – sous gouvernement républicain – une politique de dépénalisation et de réglementation de l’usage et du commerce, rapportant ainsi prêt d’un milliard de dollars au « Golden State », déficitaire depuis plusieurs années.
Il est donc temps d’agir en faveur d’une politique publique qui réfléchisse moins en termes de sacrilèges et de moralité, pour faire toute la place à la raison et aux faits établis. Il existe en France un Collectif d’Information et de Recherche Cannabique, et le débat est régulièrement relancé publiquement, et écrasé publiquement. Dernièrement par Daniel Vaillant, ancien ministre socialiste de l’Intérieur, défenseur notoire de la légalisation.
Hélas, le débat est souvent clos avant même que d’être ouvert, à cause d’une désinformation constante de la part des pouvoirs publics, d’un manque d’information et de recherche de la part des citoyens, en dépit de la masse colossale d’arguments en faveur d’une légalisation réglementée, et le débat est souvent vicié par de contre-arguments fondés sur un rigorisme moral de mère ignorante, et un certain conformisme social, qui voudrait à chacun le comportement à adopter, et faire de la loi le fondement absolu de tous ces comportements.
A défaut de légaliser, il faut permettre les débats, ouvrir les vannes de la discussion publique et des échanges d’idées en la matière. Il faut des débats éclairés, et écouter les arguments des uns et des autres. Arrêtons de nous enfermer dans la polémique et le discours moralisateur plus inquiet du bon comportement que de la santé, discutons sans crainte : ouvrons les fenêtres de la République !
Article redigé par: Jues le 18 novembre 2009 sur Agoravox
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Valeurs nutritives: cannabis VS. Soja
Le Cannabis présente la merveilleuse qualité de se rapprocher d’un produit BIO, car il est si facile à cultiver qu’il ne nécessite presque ni engrais, ni de pesticides, ni quelconque modifications génétiques.
Aujourd’hui, on ne peut vraiment pas en dire autant du Soja!
Comparaisons des graines Soja/Chanvre
Pour 100 g Graine de Soja Graine de Chanvre Protéine 34 g 24.5 g Acide Linolénique ( LNA) 1.2 g 6 g Acide Linoléique (LA) 8.75 g 18 g Rapport LNA:LA ( idéal 1:3) 1:7 1:3 Fibres 4.5 g 35g Calcium 190 mg 168 mg Phosphore 470 mg 830 mg Fer 7 mg 18 mg Thiamine 0.5 mg 0.9 mg Niacine 2 mg 2.5 mg Riboflavine 0.2 mg 1.1 mg Il apparaît donc clairement que le chanvre est riche en protéine (25%), ce qui est un peu moins que le soja (34%).
En revanche, les protéines du chanvre sont considérées comme le ‘’modèle de protéine végétale’’.
Les acides aminés qui la constitue ressemblent à celles du sang humain ce qui les rend très digestes.
D’ailleurs, elles sont très connues des docteurs qui les prescrivent à des personnes ayant des problèmes de digestion.
C’est un avantage non négligeable du Chanvre sur le Soja, car en fait un grand nombre de personnes sont allergiques aux protéines de Soja. Ces dernières présentent en plus une certaine toxicité puisqu’elles dérangent l’estomac, causent des gaz et empêchent l’absorption d’autres protéines.
Donc, en résumé, d’un côté le Soja est plus riche en protéine et d’un autre côté les protéines du Chanvre sont mieux assimilées et supportées par l’organisme.
Sur tous les autres plans, c’est le Chanvre qui bat largement le Soja.

Il est riche en calcium, magnésium, phosphore, vitamine A, chlorophylle, fibres (qui améliorent le transit intestinal) et surtout c’est une source incomparable d’Acides Gras Essentiels (AGE).En bref, une poignée de graines de Cannabis par jour va suffir pour couvrir les besoin en protéines et en AGE d’un adulte.
C’est une bonne nouvelle pour les végétariens et les végétalistes.
Parlons de ces AGE, qui sont à 80% des insaturés, c’est à dire excellents pour le corps. Ils diminuent les maladies cardio-vasculaires, participent au bon fonctionnement du système immunitaire et selon certains médecins réduiraient même les risques de cancer.
La graine de Chanvre possède naturellement le bon équilibre d’AGE qui est le ratio 1:3 considéré comme idéal.
En bref, aucune autre source de graine que le Chanvre n’a d’acides aminés (i.e protéine) sous une forme aussi digestible et également un ratio exact 1:3 en acides gras.
Mais alors me direz vous, compte tenu de ses merveilleuses propriété , pourquoi le Chanvre n’est il pas plus utilisé?
Tout simplement à cause du gouvernement américain qui interdit les cultures de Chanvre aux USA. Elles sont considérées depuis un peu plus de 60 ans comme illégales, même si aujourd’hui on sait largement faire pousser des graines de cannabis qui ne possèdent pas de THC qui est la substance hallucinogène interdite.
Chaque années des milliers de dollars sont consacrés pour les recherches sur le Soja et rien pour le Chanvre! On estime de plus que chaque année, ce sont 250 000 hectares de forêts qui sont détruites pour la culture du soja.
En moins de 10 années, ce sont 5,6 millions d’hectares de terre non agricoles qui ont été semés en soja transgénique.En France, la culture de Chanvre n’est pas interdite. Il faut donc essayer de combler l’ignorance des gens qui ne connaissent que le Soja et passer outre la peur d’une plante qui offre la solution a un développement durable, tant sur le point de vue agronomique, qu’industriel et par conséquent une valeur économique sure.
Source: sheabutter
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Malgré sa légalisation, le Sativex n’est pas prescrit partout outre-manche…

Le Sativex est légal... Mais indisponible pour les patients qui en ont le plus besoin!
Les médecins dans le sud de l’Angleterre ont reçu pour consigne de ne pas prescrire le nouveau médicament à base de cannabis mis au point pour les patients de sclérose en plaques, rapporte la BBC.
Sativex, un pulvérisateur oral qui a necessité 11 ans de mise au point, a été autorisé à des fins médicales au Royaume-Uni la semaine dernière.
Mais inexplicablement, 10 caisses de soins primaires ont demandés aux médecins de ne pas donner le traitement, qui vise à réduire la douleur, affirmant qu’il n’est pas efficace.
L’organisme de bienfaisance SP a qualifié la décision « d’arbitraire et décevante » et dit qu’il se battrait contre elle. Ils disent que la décision pourrait affecter des centaines de patients.
Le coûts du Sativex est de £ 125 (environ 140€) par bouteille, ce qui correspond à environ £ 11 (13€) par jour pour l’utilisateur moyen.
La décision conjointe (ou est-ce une décision unilatérale) de ne pas prescrire Sativex a été faite par les fiducies dans la région du Centre-Sud de l’Angleterre, y compris Hampshire, île de Wight, Portsmouth, Southampton, dans le Berkshire, Buckinghamshire, Oxfordshire, et Milton Keynes.
Le National Health Service (NHS= La sécu Anglaise, Sic.) du Dorset a également conseillé les médecins, les infirmières et les spécialistes de ne pas prescrire ce médicament.
Selon les fiducies, Sativex et les médicaments similaires à base de cannabis « ne sont pas rentables et les résultats des tests ne sont pas convaincants. »
Si les médecins veulent prescrire Sativex, ils doivent maintenant faire un cas particulier à la fiducie de soins primaires (PCT) pour le financement.
Les patients atteints de SEP se voient refuser un traitement
La semaine dernière, Mike Bray, qui vit avec la SEP (Sclérose en plaques) depuis 15 ans, a tenté d’obtenir du Sativex de son medecin traitant, mais on lui a dit qu’il ne pouvait pas obtenir d’ordonnance.
«Ce qu’il me dit quand je suis allé à la chirurgie était qu’il ne pouvait pas le prescrire mais a suggéré que je communiquer avec un neurologue, » dit Bray.
« Si la motivation est purement financière et je pense que c’est un peu égarés, » a déclaré Bray. « Au plus vous pouvez garder les gens sur des fauteuils roulants, au moins ils sont susceptibles de souffrir de maladies cardio-vasculaires et c’est en fin de compte économiser de l’argent pour le PCT. »
«Je crois qu’il y a une certaine stigmatisation attachée au fait qu’il a été tiré d’une substance contrôlée», a déclaré Bray. « Mais d’autre part, la morphine est bien dérivé d’une substance contrôlée , et il n’y a pas de stigmatisation associée à cela. »
« Il n’y a pas de saut entre l’héroïne et la morphine, alors pourquoi devrait-il y avoir un saut entre Sativex et le cannabis? » Bray demandé.
Il y a environ 100.000 personnes au Royaume-Uni atteints de sclérose en plaques, une maladie neurologique incurable qui affecte la transmission des messages du système nerveux central pour le reste du corps.
Source: Toke of the town (traduit de l’anglais)
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IL FAUT CHANGER TOUTE LA POLITIQUE DE LA DROGUE
A l’occasion de la sortie d’un livre, l’ancien procureur général du Tessin, député radical au Conseil des Etats, propose de libéraliser le commerce de la drogue et de le faire passer entre les mains de l’Etat.
Entretient par Robert Habel – Mis en ligne le 15.06.2010
Procureur général du Tessin dans les années 80 et aujourd’hui conseiller aux Etats à Berne. Dick Marty, 65 ans, a présenté le week-end dernier un livre de l’ex-super flic Fausto Cattaneo, qui travailla pour lui comme agent infiltré dans une enquête sur les filières de la drogue. Il en a profité pour préconiser une décriminalisation du commerce de la drogue. Rencontre dans son bureau, au centre de Lugano.- Vous êtes partisan d’une libéralisation du commerce des drogues?
Je ne suis pas pour une libéralisation, mais pour une remise en question du régime prohibitionniste actuel. On doit avoir la lucidité de faire le bilan de la lutte qu’on mène depuis des décennies sur le plan mondial. Ce bilan, à mon avis, est désastreux: on a créé et alimenté une criminalité sans précédent, qui manie des centaines de milliards de dollars et a créé une culture de type mafieux, corrompu des Etats entiers, infiltré l’économie classique… La répression permet de prendre parfois des petits poissons, mais pas les gros bonnets. Alors il faut s’interroger. La première référence historique, c’est la prohibition de l’alcool aux Etats-Unis, de 1920 à 1932.
- C’était une catastrophe totale…
Oui. D’un côté, on a créé une criminalité organisée avec énormément d’argent et, de l’autre, on a provoqué des problèmes de santé terribles, parce que l’alcool était souvent frelaté. Aujourd’hui, c’est la même chose pour la drogue. Quand on parle de décès par overdose, c’est souvent parce que la drogue était de mauvaise qualité. Mais si une personne consomme, par exemple, de l’héroïne propre, sous surveillance médicale, elle pourra vivre et travailler normalement.
- C’est le principe des locaux à injection, non?
Oui, c’est un succès remarquable. Les toxicomanes reçoivent une dose d’héroïne contrôlée, ils sont en meilleure santé, beaucoup d’entre eux ont pu retrouver un travail. Et la petite criminalité a diminué, parce qu’ils ne sont plus contraints de voler pour acheter leur drogue. L’alcool et le tabac créent une dépendance plus forte et sont plus dangereux que le cannabis, par exemple. Mais c’est le cannabis qui fait peur! On doit apprendre à vivre avec des drogues qui sont étrangères à notre culture, ce qui ne signifie pas les banaliser.
- Aujourd’hui, on est quasiment en train de criminaliser le tabac; ne serait-il pas paradoxal de libéraliser les drogues?
On ne criminalise pas le tabac, on le réglemente. L’alcool est bien réglementé, en Suisse: il y a la Régie des alcools, on ne peut pas servir d’alcool aux mineurs, il y a des règles. Pour le tabac également, vous ne pouvez pas produire des cigarettes comme vous voulez, vous devez vous annoncer, payer un impôt particulier. Je pense que, pour des drogues comme le cannabis, la cocaïne ou l’héroïne, on pourrait aussi réglementer les choses. L’objectif, ce serait que la plus-value n’aille plus dans la poche des mafias, mais, déjà, dans la caisse de l’Etat.
- Vous avez dirigé la répression en tant que procureur du Tessin. Vous avez l’impression que votre combat a été vain?
Si j’étais égocentrique, je devrais glorifier la lutte contre la drogue! Je suis toujours titulaire de la plus grande saisie d’héroïne en Suisse! (Rire.) C’était en 1987 à Bellinzone, une saisie de 100 kilos.
- Mais vous pensez que ça n’a servi à rien?
Tant que la drogue est interdite en Suisse, il faut lutter contre ce trafic. Mais c’est comme si l’on essayait de vider un lac avec une cuillère à café! On ne réussira jamais! Pendant qu’on court après les petits dealers, les chefs du trafic recyclent des centaines de milliards dans l’économie. C’est des clubs de football, des villages touristiques, des pizzérias, des hôtels de luxe, des compagnies aériennes, etc., qui apparaissent tout à coup sans qu’on sache d’où vient l’argent. Pour moi, le danger numéro un, ce n’est pas le terrorisme, c’est la corruption!
- Quand vous voyez qu’un producteur de chanvre comme le Valaisan Bernard Rappaz risque la mort en faisant une grève de la faim, ne pensez-vous pas qu’il y a deux poids deux mesures par rapport à ceux qui recyclent l’argent de la drogue?
Je ne connais pas bien le cas de Bernard Rappaz, je sais seulement qu’il a cultivé du cannabis, mais je ne sais pas s’il a gagné énormément d’argent.Plus de cinq ans de prison pour du cannabis, ça me paraît beaucoup si je compare avec d’autres condamnations pour trafic d’héroïne que j’ai à l’esprit.
- Si les drogues étaient réglementées par l’Etat, les prix baisseraient. Est-ce que ça n’augmenterait pas la consommation?
Il n’y aura pas l’héroïne en vente à la Migros ou à la Coop. Elle sera strictement réglementée et interdite pour les jeunes. La seule différence, c’est que ce ne sera plus le crime organisé qui la contrôlera. Et on pourrait mener, avec cet argent, de grandes campagnes de prévention. Je remarque que, pour la cigarette, il y a eu un effort de prévention considérable et j’ai l’impression que la consommation chez les jeunes a commencé à reculer. Mais il vrai aussi que les prix ont augmenté…
- La baisse de l’impôt sur les alcools forts a contribué au développement de l’alcoolisme chez les jeunes; une baisse du prix de la drogue n’aurait-elle pas le même effet?
Quoi que l’on fasse, les jeunes rechercheront toujours des transgressions. Je crois qu’il faut plutôt enseigner, dès la petite enfance, une attitude de prévention envers tout ce qui crée de la dépendance. Y compris l’internet! Cette prévention doit être une sorte d’éducation à la liberté. Et si un jeune de 18 ans fume un joint de temps en temps, il ne faut pas le criminaliser.
- La tolérance vaut mieux que la répression?
Je trouve que l’exemple le plus précieux qu’on puisse donner aux jeunes, c’est celui de la cohérence. Or, ce qu’on fait aujourd’hui est absolument incohérent. Je me rappelle une jeune fille, belle et sympathique, qui avait dealé et qui consommait de la drogue et m’avait posé la question suivante quand j’étais procureur. Elle m’a dit: «Vous me mettez en prison, mais quand j’étais enfant, mon père était ivre tous les soirs, il ne travaillait pas, il battait ma mère tout le temps et quand on a appelé la police une fois, elle nous a dit qu’elle ne pouvait rien faire, il fallait une plainte formelle. Vous trouvez cela juste?» J’avoue que ça m’a ébranlé, car son père était aussi un drogué, mais c’est finalement elle qui a été criminalisée.
- Vous n’avez jamais essayé le cannabis ou la cocaïne?
Non, j’ai essayé une fois des biscuits au cannabis, mais je n’ai absolument rien ressenti. J’ai aussi essayé du thé aux feuilles de cannabis, parce qu’on m’avait dit que ça aidait à dormir, mais ça ne m’a rien fait.
- Peut-on vraiment empêcher les mafias de la drogue de recycler leurs profits?
Quand on s’approche de certains personnages, on nous fait toujours les mêmes réponses: «Monsieur est un excellent client, il dépense des dizaines de milliers de francs dans mon hôtel, il achète une Mercedes tous les ans, il finance le club de football…» C’est pourquoi il ne faut pas se concentrer sur les petits dealers – dès qu’on en arrête un, il est remplacé aussitôt par un autre –, mais il faut aller plus haut, tarir la source.
- Donc les empêcher de recycler leurs profits dans les banques.
Si le secret bancaire est aussi dangereux, c’est que plus vous favorisez des situations opaques et plus vous favorisez des trafics douteux. Si l’on veut toucher le trafic de drogue au cœur, c’est sur les transactions financières qu’il faut intervenir. Parce que le système financier est pour la criminalité organisée ce que le système nerveux est au corps humain: c’est lui qui fait vivre! Si vous touchez le cœur du système nerveux, c’est la paralysie.
- Donc il faut supprimer le secret bancaire?
Oh, il est déjà supprimé! Mais ça ne s’arrête pas à la Suisse. Nos amis anglais, qui jouent tellement aux moralistes, sont des salopards absolus sur ce sujet. Ils nous font la leçon, mais leur système est pire que le nôtre. Les Américains aussi, avec leurs îles Caïmans. Si je devais conseiller un client qui veut planquer de l’argent, ce n’est pas la Suisse que je conseillerais. Je lui conseillerais d’aller à Londres, aux îles Caïmans, à Hong Kong ou à Singapour…
- Dans le débat autour de l’UBS, cet arrière-plan de corruption joue un rôle pour vous?
Ce qui joue un rôle pour moi, c’est la justice: il n’y a pas de véritable démocratie sans justice. Les citoyens doivent savoir que tout le monde est traité de la même façon. La caissière de la Coop ou du McDonald’s ne pourra jamais faire de l’évasion fiscale. Dans le pire des cas, elle volera un vélo ou dérobera quelque chose dans un grand magasin, et elle sera tout de suite coincée et condamnée. Mais des gens qui gagnent des sommes énormes et qui ne paient pas leurs impôts, comme ces Américains qui ont fraudé le fisc de leur pays en mettant leur argent à l’UBS, je considère que ce sont des voleurs et il faut les traiter comme tels.
- Donc il faut donner aux Américains la liste des comptes qu’ils exigent?
La liste des 4500 noms qu’on va donner aux Américains, ce sont des personnes qui ont, pendant au moins trois ans, chaque année, soustrait un patrimoine d’au moins un million de dollars et un impôt sur le revenu d’au moins 100 000 dollars. Avec l’aide des dirigeants de l’UBS, ils ont volé non seulement l’Etat, mais leurs propres concitoyens. Notre secret bancaire ne doit pas servir à protéger des voyous pareils.
- Mais ils ont fait confiance à la Suisse et on va les dénoncer?
Un avocat sérieux leur aurait déconseillé le montage proposé par l’UBS. Parce que la Suisse a conclu, en 1996, un accord de double imposition avec les Etats-Unis et que le fisc américain peut obtenir les renseignements. Les banquiers suisses, aux Etats-Unis, se sont comportés non seulement comme des imbéciles, mais comme des criminels imbéciles. Parce que n’importe quel apprenti dans une banque devrait savoir que les Etats-Unis sont hypersensibles sur ce sujet. Tout le monde sait qu’Al Capone n’a jamais été condamné pour meurtre, mais qu’il a fait onze ans de prison pour fraude fiscale!
Source: L’illustré
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